Bet as a Bot
Exposition - Jusqu'au 24 février
Bienvenue à la librairie Galerie Histoire de L'Oeil
Poiraudeau / Plamondon
Vendredi 19 janvier à 19h00
Marie Redonnet
Samedi 20 janvier à 18h00

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Histoire de l'œil,

vous propose

Exposition

Bet As A Bot

Anaïs Carmona-Clercx

jusqu'au 24 février

Le temps d’écrire cette phrase, le cours de l’euro contre le dollar aura changé quelques milliers de fois. En une fraction de seconde, notre monnaie peut perdre toute consistance, et la retrouver la fraction suivante. Avec 5000 milliards de dollars échangé chaque jour, le Forex (échange monétaire) est le marché financier le plus important au monde, 60 fois plus important que celui des actions en bourse.

La question se pose alors de l’endroit effectif de ces transactions.Cela se passe-t-il dans les bureaux de change, sur internet, ou sur les places du marché financier, à New-York, Londres ou Shanghai ? Oublions cette image collective que nous nous faisons d’un Wall-Street rempli de gens qui hurlent au téléphone et visualisons plutôt quelque chose de totalement fluide et rhizomique. Et représentons-nous bien que cela ne se passe plus entre humains, mais entre machines dont la temporalité et dont les capacités d’analyse nous dépasse totalement.Et pourtant, tandis que la valeur des autres actions n’a d’impact sur nos vies que si nous agissons dans le domaine précis de l’industrie en question, la valeur de la monnaie, elle, impacte directement nos quotidiens dans tous les domaines et à toute échelle.

Une exposition de la Sioux GrashopperD141, Mocassins Loafers Femme Vert mint
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Partenariat

Tënk

Plateforme de cinéma documentaire

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Heureux partenaire depuis plusieurs années des États généraux du film documentaire, l'Histoire de l'œil propose en cette fin d'année de se faire le relais privilégié de Tënk., la plateforme de cinéma documentaire en ligne créée à Lussas et initiée l'an dernier.
Tënk c'est une soixantaine de films documentaires disponibles en permanence sur la plateforme, renouvelés en partie chaque semaine, et disponibles chacun deux mois. Selon une sélection proposée par les programmateurs de Lussas et organisée en "plages" : Histoire & politique, Écoute, Écologie, Festivals, Grands entretiens, Arts, Sciences...

 

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Salomon X-Scream 3D, Chaussures de Running Entrainement Homme, Noir, 43.3 EU Multicolore - noir/jaune/rouge (Black / Corona Yellow / Radiant Red)

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  • Dessus: Synthétique
  • Doublure: Textile
  • Semelle intérieure: Fourrure Synthétique
  • Matériau de semelle: Caoutchouc
  • Hauteur de talons: 8 millimètres
  • Tour de mollet: normale
  • Largeur de la chaussure: normale
  • Fermeture: Lacets autobloquants
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Coups de cœur

Taqawan
Éric Plamondon
Quidam

Dynamique et foisonnant, tour à tour drôle, concerné et sombre, Taqawan est notre gros coup de cœur de ce début d’année.

Taqawan , comme le nom amérindien du saumon, celui qui remonte le courant pour revenir aux sources, aux origines. C’est dans un certain sens ce que continue de faire Éric Plamondon dans son œuvre toujours aussi réjouissante.

Les faits de départ sont bien réels et quelques peu oubliés : un fort mouvement de contestation de la communauté Mig’maq au moment où, leur quota de pêche se voit être très sérieusement attaqué, et par là même, cette population fortement mise en danger. Avec cet événement de 1981, ce sont des décennies, des siècles, d’interventions peu glorieuses de l’homme blanc sur le territoire indien nord américain qui ressurgissent.

Ce roman protéiforme mêle donc la grande histoire, celle des sources de ce pays où se rejoignent les intérêts politiques d’hier et d’aujourd’hui, avec la petite, celle d’un groupe de personnages symbolisant à merveille la mixité culturelle de ce Québec, et qui vont directement subir l’impact de ces événements violents, portant ainsi Taqawan , par endroits, aux portes du roman noir.

Par endroits seulement, car Plamondon n’oublie surtout pas de dérouler son style si particulier, parrainé pour notre plus grande joie par le grand Brautigan, fait de courts chapitres alternant les grands enjeux et les petits destins, le tout lié avec la sauce des détails savoureux et populaires d’une culture aux origines multiples qu’il ne faut surtout pas oublier, au moment où tout semble séparer les hommes.

La conquête des îles de la Terre Ferme
Alexis Jenni
Gallimard

Il est des épisodes majeurs de l’histoire qui, bien que très documentés, bien que maintes fois interprétés, étudiés et adaptés, gardent néanmoins leur part de mystère. Et il est des rendez-vous que la littérature de roman se fixe avec la discipline historique pour apporter sa pierre à l’édifice. D’abord parce que ce mystère laisse la place à l’imagination, à la fiction et ensuite parce que ce genre d’épisodes, si extraordinaires et si fondateurs ne pourront que très rarement être dépassés en intensité en enjeux et en narration. C’est donc un défi auquel s’attaque Alexis Jenni. Et il s’y emploie fort bien.

Hernan Cortés a réussi à conquérir le grand empire Mexicas de Montezuma.Une entreprise délirante démarrée à Cuba en 1519.Cuba où Cortes s’émancipe du gouverneur local pour réunir tout ce qui se fait de « conquistadors », aventuriers en tout genre, échoués sur les côtes des « Indes » nouvelles pour diverses raisons.

À partir de ce moment, l’avancée de ces 500 est inéluctable. Une poste forgée à la négociation, à l’art de la séduction, à la faculté de Cortés à utiliser les inimitiés locales et à l’espoir d’une fortune colossale. Une piste largement marquée du sang et de la violence, le plus souvent celui des Indiens, manipulés et volontiers sacrifiés.

Cette épopée nous est contée par Juan de Luna, dit « Innocent ». Un jeune clerc défroqué et banni d’Espagne qui deviendra le confident de Cortés.

À travers sa voix, c’est toute notre fascination pour cette aventure que nous découvrons. Ainsi que le constat de vanité que nous pouvons faire à son épilogue.

Le roman de Jenni, très documenté est sans concessions pour ces deux sociétés qui s’opposent ici. Sans jugement non plus, sinon celui des personnages sur eux-mêmes. Il réussit à compiler un récit historique très réaliste, un roman picaresque passionnant et une réflexion aboutie sur les faits que nous avons aujourd’hui à comprendre comme fondateurs, bien que lointains, de nos sociétés.

Jeu blanc
Richard Wagamese
Zoé

Si la littérature peut faire voyager, si elle la faculté de déplacer le curseur de nos habitudes et d’élargir ainsi notre monde connu, si en plus elle a celle d’exorciser et d’évoquer la contre histoire, celle exclue des manuels, alors Richard Wagamese, avec Jeu blanc , y contribue indéniablement en proposant ce roman qu’il est impossible de lâcher.
Jeu blanc avance de pleins pieds dans la culture, les mythes et traditions des « natives » ojibwés, dans ce territoire immense et intense, froid et sauvage du nord canadien, que nous parcourons à grandes glissades et dans l’histoire terrible de l’assimilation-disparition organisée des coutumes locales.
Saul Indian Horse porte en lui une histoire tragique qu’il se doit de raconter. Il se le doit à lui-même d’abord, pour enfin sortir de cet état de fuite en avant violente qui l’habite depuis son entrée trop précoce dans l’âge adulte. Lui qui fut préservé dans l’enfance par sa grand-mère jusqu’à son dernier souffle lui transmettant les légendes et pratiques ojibwés. Lui qui fut comme tant d’autres indiens internés de force dans un orphelinat catholique où les violences psychologiques et corporelles étaient sensées vous faire rencontrer Dieu et effacer en vous toute indianité. Lui qui fut momentanément sauvé par le hockey sur glace dont il apprendra les plus belles subtilités avant de découvrir que même dans ce jeu où il excelle, il n’est qu’indien au milieu des blancs. Lui qui tombera progressivement dans l’alcoolisme dur, addiction de plus en plus répandue chez les autochtones.
Et il le doit aussi à tant d’autres, de raconter. Comment il souhaite trouver, lui l’indien, sa place dans ce monde. Et c’est à travers la plume de Richard Wagamese qu’il le fait, à travers la force que celui-ci trouve pour transmettre ce parcours qui démonte pas mal d’idées reçues sur un pays, en même temps qu’il en dévoile la beauté et les sources, et à travers la beauté d’une langue dirigée par de multiples esprits.

Joseph Mitchell
Diaphane / 33 Morceaux / Sous-sol

La vie de Joseph Mitchell fait l'objet d'un nouveau livre aux éditions du sous-sol : L'homme au portrait . On y découvre le parcours de l'homme, la matière de sa littérature et l'on tente de résoudre l'énigme qui l'entoure. Joseph Mitchell ne publiera jamais de roman, ce Graal qu'il recherchera pourtant longtemps. Mais un certain nombre de livres oui. Et l'on ne s'en plaindra pas tant sa littérature nous y éclabousse à tout niveau.

Joseph Mitchell (1908-1996) fut journaliste et porta le reportage au rang d'oeuvre d'art. Ces fameuses chroniques ont fait l'objet de plusieurs publications aux USA et sont récemment traduites en français. Le dernier, Le fond du port (éditions du sous-sol). Initialement écrits dans le New Yorker , ces récits nous plongent dans l'activité portuaire de New York dans les 1940’s et 1950's. Mitchell parvient à nous y poser littéralement. Arpenteur infatigable de ce territoire, il nous donne à voir ses recoins, ses odeurs, ses travailleurs, ses ambiances, ses restaurants et ses personnages. Si ces reportages sont si passionnants, c'est qu'ils sont très écrits, très construits, le fruit d'une étude minutieuse et d'une soif de rencontre. C'est aussi car il sait où il nous emmène, il connaît ces lieux et leur histoire par cœur. Le marché aux poissons n'a plus de secret pour lui, pas plus que les différentes pêches de la baie. Et puis Mitchell, comme pour mieux nous conduire au hasard des étals et des rues, pratique parfaitement la sérendipité du flâneur. Comment par exemple sa passion des fleurs sauvages le mène au cimetière du quartier de Rossville et à la rencontre de la mémoire de cette communauté de pêcheurs noirs de Staten Island installée au XIXe, le très sage Mr Hunter.

Aucune star dans les reportages de Joseph Mitchell. Pas de bling bling. Au contraire, c'est le quotidien qu'il sublime, ce sont ces petites histoires qu'il rend extraordinaires. Et c'est ce qui fait littérature. Sous sa plume, les habitants de New York sur lesquels ses yeux se posent deviennent personnages de romans et les endroits visités de magnifiques décors d'un autre temps. Le superbe volume publié en 2016 chez Diaphane, Le merveilleux Saloon de McSorley est, en ce sens, par la somme des récits proposés, une parfaite photographie de la ville dans les années 1930’s – 1950’s. Une représentation précise de la diversité qu'elle représentait, depuis ce saloon irlandais qui donne le titre au recueil, jusqu’aux pique-niques de la communauté de Trinité et de ces chanteurs de Calypso (Houdini!) en passant par le « musée » du Capitaine Charley et ses momies égyptiennes sur lesquelles on s'assoie pour discuter. Le merveilleux saloon... est un livre de contes que l'on peut picorer chaque soir, comme pour rêver à une nouvelle histoire. Un voyage dans le temps celui des rues de New York entre 1938 et 1955, celui de sa mixité, de sa diversité de pratiques, d'une cohabitation difficile mais réelle.

Après la restitution, par ces récits, de sa grande soif de rencontres, Joseph Mitchell est resté presque 30 ans sans, apparemment, ne rien écrire. Cherchant inlassablement la formule d'une autre forme. Du roman peut-être. 4 textes écrits à cette période sont cependant connus. 4 textes dont la prose poétique remarquable tranche avec les chroniques. 4 textes que les éditions 33 morceaux ont publié en 2016 : Street Life .

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